L'alimentation pour la santé urinaire et reinale

L'alimentation pour la santé urinaire et reinale (Ecrit par le Dr Elisa Katz)

Traduction d’un article publié sur le site « Feline Nutrition » trouvée sur le site "Alerte croquettes" :
http://feline-nutrition.org/health/diet-kidney-disease-and-the-urinary-tract


Il y a un lien entre ce que les chats mangent et les maladies qu’ils pourraient développer. C’est une idée qui est de plus en plus largement acceptée. L'alimentation joue un rôle dans les syndromes de maladies telles que les maladies du rein, les problèmes urinaires tels que les pierres et les cristaux, les maladies du bas  appareil  urinaire  félin  et  les  problèmes  gastro-intestinaux  telles  que  les  maladies  inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI).
Les  reins  régulent  l'eau  et  l'équilibre  de  sel  dans  le  corps,  maintiennent  l'hydratation,  les  taux d'électrolytes et la régulation de la pression artérielle. Comme les protéines sont métabolisées par le corps pour l'énergie, des sous-produits sont produits et diffusés dans le sang. C’est le travail du rein d’éliminer ces  substances  toxiques.  Les  déchets  produits  tels  que  l'urée,  la  créatinine  et  le  phosphore,  ainsi  que certains  métabolites  de  médicaments,  sont  tous  filtrés  par  le  sang  et  excrétés  dans  l'urine.  Vous connaissez peut-être les noms de ces sous-produits de dégradation des protéines si votre chat a du faire une analyse sanguine. Ce sont les paramètres qui sont mesurés dans le sang pour détecter un déclin de la fonction rénale - des niveaux élevés signifient que les reins ne fonctionnent pas normalement.

La difficulté est que les reins possèdent une étonnante capacité de compensation: 75% de la fonction rénale doit être perdue avant que  nous  puissions détecter  des  valeurs anormalement  élevées  dans  le  sang  pour  ces substances.  Parfois,  nous  voyons  la  soif et  la miction  augmenter  avant  que  les  valeurs  ne  montent  au-dessus de la normale dans le sang, et que les reins sont moins en mesure  de conserver l'eau, mais pas toujours.

Puisque la fonction rénale est grandement dégradée avant que la maladie soit habituellement détectée, nous devons faire tout notre possible pour aider nos chats à maintenir une bonne santé rénale en premier lieu.

Il y a seulement quelques causes définitivement connues aux maladies du rein. Les maladies génétiques telles que la maladie polykystique des reins chez les persans, les toxines telles que l'antigel et les lis, les infections et le cancer sont tous connus pour provoquer une maladie rénale. La plupart du temps, la cause exacte est inconnue, et un certain nombre de choses peut contribuer à une insuffisance rénale, y compris l'alimentation. Une infection bactérienne persistante dans le sang, telle que celle qui se produit avec une maladie dentaire avancée, peut endommager les reins au cours du temps. Prévenir la maladie dentaire peut être un facteur important dans la santé à long terme des reins de votre  chat. Les autres états qui peuvent  causer  des  dommages  aux  reins  comprennent  l'hypertension  en  raison  de  l'hyperthyroïdie  ou d'autres maladies. Le type de régime alimentaire que vous donnez à votre chat peut influer directement sur les reins de votre chat.  La  déshydratation  chez  les  chats  force  les  reins  à  concentrer  l'urine  pour  essayer  de  maintenir l'équilibre de l'eau du corps.
Concentrer l'urine prédispose le chat à une lésion rénale¹. La déshydratation chronique légère que les chats connaissent quand ils sont nourris avec des aliments secs exclusivement peut causer un stress accru sur les reins, entraînant à terme une diminution de la fonction rénale. En outre, la teneur basse en magnésium dans les régimes conçus pour diminuer les calculs urinaire et la formation de cristaux peut affecter les reins au fil du temps². .

On vous a peut - être déjà dit de nourrir votre chat qui a les reins fragiles avec une alimentation à teneur réduite  en  protéines. 

Est-ce  justifié  de  le  faire? Des  recherches  récentes  démontrent  que  les  régimes riches en protéines n’ont aucun effet néfaste sur les reins, et les animaux avec une légère diminution de la  fonction  rénale ne  tirent  aucun  profit  d’un  régime  réduit  en  protéines³. 

Il  existe  des  preuves  que  la restriction de protéines peut effectivement ralentir l'action de filtrage des reins⁴. Il est important que les chats reçoivent des protéines de bonne qualité en quantités appropriées sans excès de phosphore pour aider à maintenir la fonction rénale. Cela signifie que la source de protéine doit provenir d’une viande véritable  et  non  d’une  farine  de  viande.  Les  repas de  viande (produit  obtenu  à  partir  de  tissus  de mammifères, à l'exclusion de tout ajout de sang, poils, corne, des déchets de peau, du fumier, de l'estomac et du contenu de la panse) peuvent consister essentiellement en du tissu conjonctif broyé et des os. La viande musculaire utilisable est retirée avant l’équarrissage, et ainsi les farines de viande peuvent contenir des niveaux élevés de calcium et de phosphore qui peuvent nuire aux reins⁵.

Plutôt  que  de  restreindre  les protéines  dont  les  chats  dépendent  pour  leurs  besoins  en  énergie,  la réduction du phosphore dans  l'alimentation peut aider beaucoup de chats avec une maladie rénale. La restriction  du  phosphore  est  importante  pour  prévenir  le  développement  de  l'hyperparathyroïdie secondaire  rénale (augmentation de l'activité anormale de la glande parathyroïde avec une sécrétion excessive  de  l'hormone  parathyroïdienne,  qui  peut  être  primaire  ou  secondaire.  L’hyperparathyroïdie secondaire nutritionnelle est généralement due à un apport insuffisant de calcium),  une  affection  dans laquelle l'excès de phosphore conduit à un équilibre calcium/phosphore faussé. Le résultat final de ce déséquilibre fait que le calcium  est libéré  des os du chat et se dépose dans les tissus   et   organes,   y   compris   les   reins,   compromettant   davantage   leur fonction⁶.

La limitation du phosphore peut être réalisée par la substitution dans l’alimentation de blancs d'œufs cuits à une partie de la viande, ce qui dilue la quantité totale de phosphore dans la portion. Les blancs d'œufs cuits sont riches en protéines et ont une très faible teneur en phosphore. La teneur en phosphore de 100  grammes  de  blanc  d'œuf  cuit  est  de 15  mg.  A  titre  de  comparaison,  100  grammes  de  poulet  cru contiennent 198 mg de phosphore et 100 grammes de bœuf cru ont 177 mg de phosphore⁷. Des liants phosphatiques peuvent également être utilisés. Les liants sont ajoutés à la nourriture pour empêcher le phosphore  d'être  absorbé  par  le  corps  et  le  système  sanguin⁸.  Un  test  sanguin  est  nécessaire  pour déterminer  les  niveaux  de  phosphore  dans  le  sang,  vous  aurez  donc  besoin  de  travailler  avec  votre vétérinaire  pour  choisir  la  meilleure  solution.  Il  est  préférable  d'essayer  de  maintenir  le  niveau  de phosphore dans le sang à l'intérieur de la fourchette normale ou seulement légèrement au-dessus.

La limitation des protéines est encore parfois utilisée chez les chats  atteints d'insuffisance rénale avancée, mais, de par mon expérience professionnelle, la diurèse aide ces chats beaucoup plus qu’une restriction protéique. La  diurèse  peut se  faire soit  à la maison  avec des  fluides sous-cutanés ou  dans  une  clinique avec des fluides par voie intraveineuse ou sous-cutanée. Une bonne hydratation est un élément clé pour aider les chats avec une maladie rénale. Vous pouvez dire à un être humain avec une maladie rénale de boire beaucoup d'eau supplémentaire, mais malheureusement vous ne pouvez pas faire cela avec votre chat.  Nous  devons  recourir  à  d'autres  moyens  pour  obtenir  un  apport  hydrique  supplémentaire.

L’augmentation de la consommation d'eau par les aliments ou, si nécessaire, par des fluides injectés sous la peau, peut conduire à la diminution du stress sur les reins et ralentir la progression de la maladie.

Maladies  des  voies  urinaires  basses  (Inflammation  de  la  vessie  ou  de  l'urètre,  formation  de cristaux/calculs urinaire dans la vessie, et obstruction partielle ou totale de l'urètre) / MVUIF

La  consommation  d'eau  n’affecte  pas  que  les  reins  d’un  chat,  et  la  fonction  rénale  joue  un  rôle  dans d'autres problèmes urinaires. L’alimentation instinctive normale du félin se compose d'animaux de proie qui sont riches en protéines, ont des quantités modérées de graisses, et peu ou pas de glucides. L'animal de proie typique pour un chat domestique, habituellement un rat ou une souris, est constitué d'environ 50 à 60% de protéines, 15 à 30% de matière grasse sur une base de matière sèche et 70 à 80% d'eau. Ceci indique que 70 à 80% de l'alimentation instinctive naturelle du chat doit consister en eau⁹.

Une  recherche  rapide  sur tous les  sites  Web  de  vente  de  nourriture  pour  animaux  de  compagnie  vous apprendra qu’en ce qui concerne la tene ur en humidité de la plupart des aliments secs pour chats, ils n’ont généralement que 8 à 10% d'humidité. Les chats nourris avec un régime sec exclusivement ont un déficit hydrique important  par  rapport aux  chats  qui mangent une  alimentation naturelle.  Ils ne  consomment dans leur nourriture qu’environ 12 à 15% de leur consommation d'eau quotidienne idéale.

Vous pourriez penser  que  le  chat  peut  compenser  en  buvant  plus  d'eau,  mais  les  chats  ont  naturellement  une  faible propension à boire car ils ont évolué en mangeant des proies contenant beaucoup d’humidité¹⁰. L’urine féline a tendance à être plus concentrée que l'urine d'autres espèces de mammifères. C’est une des  raisons  pour  laquelle  l'urine  des  chats  mâles  intacts  a  une  telle  odeur  forte¹¹.  Le  fait  que  les  chats produisent  une  telle  urine  très  concentrée,  en  particulier  lorsqu’ils  sont  alimentés  avec  des  aliments faibles en humidité comme les croquettes, les rend plus sensibles aux cristaux et aux calculs urinaires et à l’irritation de  la vessie, un facteur contribuant aux maladies des voies urinaires inférieures félines ou MVUIF. La chimie de base nous dit que plus la solution est concentrée, et dans ce cas la solution est de l'urine, plus les solutés sont susceptibles de précipiter et de former des cristaux et des calculs. Plus l'urine est concentrée, plus il est probable qu'elle peut irriter la muqueuse délicate de la vessie.

Une  composante  importante  du  traitement  recommandé  des  MVUIF  est  l'alimentation  avec  une nourriture en conserve ou des aliments crus exclusivement, qui contiennent environ 70% d'humidité. Cela augmente la consommation d'eau du chat, dilue l'urine et diminue la probabilité de cristaux¹². Les régimes crus  qui  contiennent  une  humidité  adéquate  ainsi que  des  quantités  appropriées  de  protéines  et  de graisses, peuvent  aussi  aider  les  chats à revenir  à  un  équilibre  du  ph  urinaire  et  une  concentration  de l'urine  plus  naturels.  Une  étude  de  l'urine  de  198  chats  sauvages  nourris  avec  une  alimentation  crue naturelle n'a mis en évidence aucun calcul urinaire chez aucun de ces chats¹³.

Des  recherches récentes  ont suggéré  que  plus  de  protéines  dans  le régime  alimentaire  pouvait aider à diminuer  l'apparition  de  cristaux  et  des  calculs  de  struvite  pour  deux raisons:

- Avec  l’augmentation  des protéines, moins de magnésium est excrété dans l'urine, et l’augmentation des protéines provoque une diurèse osmotique. L'eau est puisée dans les reins et fait uriner plus le chat¹⁴.

- En outre, "les aliments secs pour  chats  avec  leur  teneur  élevée  en  végétaux,  provoquent  un  ph  urinaire  très  alcalin...  Cette concentration anormalement forte en minéraux et autres constituants dans l'urine ainsi qu’un pH alcalin, conduit à une inflammation des voies urinaires"¹⁵.

A mes patients, je ne recommande pas une alimentation avec des régimes spéciaux qui contiennent des substances synthétiques ajoutées  pour contrôler  artificiellement le pH  de l'urine.Traiter les  problèmes urinaires de cette manière peut contribuer à une maladie rénale, ainsi qu’une étude récente semblerait indiquer que la faible teneur en magnésium de ces régimes pouvait avoir un effet néfaste sur les reins au fil du temps¹⁶.

Les croquettes pour chat existent seulement depuis environ les 70 dernières années. Tout au long de cette période, les allergies, les problèmes urinaires, les problèmes digestifs et les maladies rénales chez les chats ont tous augmenté. C’est en partie grâce à de meilleurs diagnostics que les chats vivent plus longtemps, mais c’est mon opinion professionnelle que l'alimentation généralisée des régimes croquettes sèches joue un rôle important dans l’augmentation de ces maladies.

 

 

1.Timothy  A.  Allen,  David  J.  Polzin  and  Larry  G.  Adams,  "Renal  Disease,"Small Animal Clinical Nutrition,  4th  ed. Walsworth Publishing Company, 2000,582.
2. K.L. Hughes, M.R. Slater, S. Geller, W. J. Burkholder and C. Fitzgerald, "Diet and Lifestyle Variables as Risk Factors for Chronic Renal Failure in Pet Cats,"Preventive Veterinary Medicine, no. 55, 2002, 1-15.
3. D.R. Finco, S.A. Brown, C.A. Brown, W.A. Crowell, G.Sunvold and T.L. Cooper, "Protein and Calorie Effects on Progression of Induced Chronic Renal Failure in Cats,"American Journal of Veterinary Research 59, no. 5, May 1998, 575-82.
4. Kenneth C. Bovée, DVM, MMedSc, "Mythology of Protein Restriction for Dogs with Reduced Renal Function,"Supplement to Compendium on Continuing Education for the Practicing Veterinarian 21, no. 11, 1999, 15-20.
5. "The  Biologically  Appropriate  Food  Concept  and  the  Dietary  Needs  of  Dogs  and  Cats ,"  ORIJEN  White Paper, Proceedings, Purina Nutrition Forum, University of Pennsylvania, 1998.
6. L.A. Ross, D.R. Finco and W.A. Crowell, "Effect of Dietary Phosphorus Restriction on the Kidneys of Cats with Reduced Renal Mass," American Journal of Veterinary Research 43, June 1982, no. 6, 10 23-6.
7. USDA National Nutrient Database for Standard Reference, Release 23, 2010.
8. Peter J. Markwell, BSc, BVetMed, MRCVS, "Recent Advances  in the Dietary Management of Chronic Renal Failure in Cats,"Proceedings of the 23rd Waltham/OSU Symposium, 1999, 50-54.
9. Ellen S. Dierenfeld, PhD, Heather L. Alcorn, BS, and Krista L. Jacobsen, MS, "Nutrient Composition of Whole Vertebrate Prey (Excluding Fish) Fed in Zoos," U.S. Department of Agriculture, May 2002.
10. Michael W. Fox, Elizabeth Hodgkins and Marion E. Smart, Not Fit For a Dog: The Truth About Manufactured Dog and Cat Food, 2009, Quill Driver Books, 107.
11. A.D.J. Watson and H.P. Lefebvre, "Using Urine Specific Gravity,"International Renal Interest Society, 2007.
12. Peter J. Markwell, C. Tony Buffington and Brigitte H. E Smith, "The Effect of Diet on Lower Urinary Tract Diseases in Cats,"The Journal of Nutrition, no. 128, 1998, 2753S-2757S.
13. Y.  H.  Cottam,  P.  Caley,  S.  Wamberg  and  W.  H.  Hendriks,  "Feline  Reference  Values  for  Urine  Composition," The American Society for Nutritional Sciences, The Journal of Nutrition, no.132, June 2002, 1754S - 1756S.
14. M. Hashimoto, M. Funaba, M. Abe and S. "Dietary Protein Levels Affect Water Intake and Urinary Excretion of Magnesium and  Phosphorous  in  Laboratory  Cats,"  Japanese  Association  for  Laboratory  Animal  Science, Experimental Animals 44,  no.  1, January 1995, 29-35.
15. Michael W. Fox, Elizabeth Hodgkins and Marion E.Smart, Not Fit For a Dog: The Truth About Manufactured Dog and Cat Food, 2009, Quill Driver Books, 107.
16. K.L. Hughes, M.R. Slater, S. Geller, W.J. Burkholder and C. Fitzgerald, "Diet and Lifestyle Variables as Risk Factors for Chronic Renal Failure in Pet Cats,"Preventive Veterinary Medicine 55, no. 1, September 10, 2002,1-15.

 

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